Massif Sambaina , Ambatomalaza

Antananarivo les 12 collines sacrées

Ambohimanambola Ambohitrontsy ou Ambohitrosy

1353 m
latitude 18°568602 sud
longitude 47° 361038 est
vue aérienne
AMBOHIMANAMBOLA kml
AMBOHITRONTSY ou AMBOHITROSY kml
Ambohitrontsy côté Ouest
côté Ouest
Ambohitrontsy côté Est Antananarivo
côté Est Antananarivo
tombeau de Dadabe Andrianandritany
A côté du village d'Ambohimanambola, la colline sacrée Ambohitrontsy ou Ambohitrosy sur laquelle est le tombeau de Dadabe Andrianandritany fils de Zanakandriamasoandro ami d'un roi vazimba premiers habitants de l' île
Dadabe Andrianandritany

Andrianentoarivo, un personnage énigmatique

Certaines traditions présentent Andrianentoarivo comme étant le frère ainé d’Andrianandritany, l’ ombiasy originaire d’Ambohibato (Ambohimanambola). Dans ses questions sur les Sakalava en Imerina avant le règne d’Andrianampoinimerina (Bulletin de l’Académie malgache, 2014, Tome XCIV/1), l’historienne Ramisandrazana Rakotoariseheno déclare que le patronyme nous rappelle ceux des souverains sakalava se terminant par arivo (mille). Il est également connu comme étant le cousin d’Andriantsimandafika et d’ Andriambodilova (fils de Ratrimo III). Dans les « Tantara ny Andriana eto Madagasikara », il est écrit qu’Andrianentoarivo est un contemporain d’ Andriatompokoindrindra et d’Andrianjaka. Il aurait participé aux travaux d’endiguement d’Ankadimbahoaka, mais il n’a pas pu exécuter sa part de corvée. Vrai ou faux, se demande l’auteure de l’étude, mais toujours est-il qu’il y eut certainement un début de mésentente et de conflits que les Tantara évoquent sous forme de coups et blessures infligés par Andriatompokoindrindra. Par la suite, Andrianentoarivo décide d’aller vers l’Ouest, à Lohavohitra dans le Vonizongo. Par la même occasion, il demande également Babay et le vodihena  (arrière-train d’animaux), symbole de royauté et de pouvoir. Mais Andrianjaka ne lui accorde que la moitié de la viande et lui refuse le site de Babay. Selon l’académicienne, d’autres traditions le connaissent comme un grand personnage vaincu qui s’exile de son plein gré dans le Vonizongo. Une autre version le présente comme étant un autre frère d’Andrianjaka ou présenté comme tel, à titre fictif ou frère de sang. Les deux hommes auraient vécu dans l’Andringitra et se sont accordés pour partager le territoire. Andrianjaka prit Antaninarivo comme capitale et Andrianentoarivo s’octroya le Vonizongo, épousa Rambolasolia, fille unique du souverain du Vonizongo. La version du Dr Rasamimanana affirme qu’il était originaire d’Ambohimalaza, de Fandranety et d’Ambolamena. Il faisait partie des douze menakely et avait pour mission de conquérir l’ouest de l’Imerina. Une autre version avance qu’il est, par sa mère, le demi-frère d’Andriatomponimerina, fils d’Andriamasinavalona, qui règne à l’époque à Ambohidratrimo, et dont il est le conseiller. Or, corrige l’historienne, entre Andrianjaka et Andriamasinavalona, il y a un laps de temps de plus de cinquante ans. Par-delà l’anachronisme, il y a toujours, en filigrane, la notion de sakalava. C’est également Andrianentoarivo qui fait connaître le tangena (tanguin, un violent poison qui devient une procédure judiciaire pour confondre les coupables). Plus tard, Andrianampoinimerina reconnait Andriantsoba comme chef de tout le lignage d’Andrianentoarivo et prince Andriana tompobodivona (possédant un apanage). Des mariages entre les descendants d’Andrianampoinimerina et ceux d’Andriantsoba du Vonizongo sont, par la suite, conclus, de même que les proches parents de Ranavalona épousent ceux d’Andriantsoba. De toutes ces versions, nous pouvons dégager des permanences malgré les anachronismes. Abordant le sujet de la continuité, Ramisandrazana Rakotoariseheno indique que la dynastie de Rangita et Rafohy se heurte à des groupes Tompontany (maîtres de la terre), appelés tantôt Vazimba, tantôt Sakalava, ou les deux de façon parallèle. Ce qui l’amène à accepter une antériorité politique autre que merina dans l’Imerina ancien. Car, dit-elle, même les Tantara ny Andriana révèlent qui ils sont en réalité et que c’est plutôt la dynastie de Rangita qui a emprunté ou pris modèle sur les anciennes institutions royales déjà existantes. Ceci afin de construire sa propre légitimité et sa grandeur, en s’enracinant dans une ancienneté de bon aloi, tout en inventant sur le plan idéologique un présent et un avenir dont elle est la seule créatrice. La nouvelle dynastie change de politique au bout de trois générations. La cohabitation plus ou moins pacifique des origines, se transforme en politique de rejet des anciens souverains Roka.
Pela Ravalitera
ambohimanambola map carte
Ambohimanambola vue sur Alasora
A l'est Alasora
ambohibato, merikasinina
A l'ouest Imerinkasinina Ambohibato
antananarivo
Ambohimanambola vue sur Antananarivo sur le sommet le palais de la reine
tombeau
Sur le site de nombreux tombeaux
LES PLEURS D' AMBOHIMANAMBOLA
Les pleureurs professionnels sont des hommes et des femmes d'Ambohimanambola, formant une sorte de corporation. C'est en effet de cette façon qu'ils s'acquittent de leur part de corvée... Dans ce village situé à l'est de la ville d'Antananarivo, les hommes et les femmes sont spécialisés dans le versement des larmes en cas de décès d'un souverain. Mais ils sont aussi recrutés par les grandes familles qui n'hésitent pas à payer cher les prestations de ces derniers pour animer, pour ainsi dire, ces heures sombres de leur existence.

Ce salaire, ils le méritent quand on sait qu'avant de se produire, pleureurs et pleureuses doivent travailler patiemment leurs numéros. Les témoins de cette époque du XIX' siècle rapportent que ces hommes et ces femmes font dans les champs de longues répétitions sur la façon de pleurer et de gémir avec des corrections au passage.
Selon eux, ces pleurs sont de véritables morceaux de musique, ou plutôt des chants de groupes : les basses des hommes se mêlent harmonieusement aux sopranos des femmes et des enfants à tel point que loin de lasser les oreilles, on prend un certain plaisir à les écouter durant des heures.

En plus de cela, ces professionnels, véritables artistes, savent aussi pleurer de façon si pathétique que les cœurs les plus endurcis finissent par s'attendrir et les larmes profondément enfouies par couler.

Cette corporation s'acheva avec l'abolition de la royauté le 28 février 1897 car il n'y a plus de souverain. Comme Gallieni a dispersé la famille royale, en envoyant certains de ses membres en exil ou en faisant exécuter d'autres, le village tout entier se tournera vers des activités plus conventionnelles pour vivre.  Jeanne Rasoanasy  www.les-nouvelles.com