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Manoir rouge
Chez Patrick
Lot K IV 023
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Antananarivo 101

MADAGASCAR
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    Habitat traditionnel ancien par JP Testa 1970 Revue de Madagascar
    Evolution syncrétique depuis Besakana  jusqu'au "trano gasy"

    "l'architecture malgache à travers le temps", avec les photos et croquis de la collection de Christian Mantaux et Henri Ratsimiebo est un livre-album établi depuis une poignée d'années à Madagascar mais dont la connaissance des ruelles insoupçonnées d'Antananarivo m'a bluffé. Débarrassée de la nostalgie mélancolique dont je n'arrive pas à me départir, sa démarche vise à passer en revue les styles architecturaux qui ont pu se succéder, ou se chevaucher, dans la Ville d'Antananarivo depuis les origines jusqu'à 1975.
    Ma posture, elle, est résolument orientée vers la protection et la sauvegarde d'un cachet, qu'il ne faut pas hésiter à qualifier d'authentique, caractérisant la Ville d'Antananarivo en particulier, l'Imerina en général, voire les autres "hautes terres centrales "contaminées par l'influence architecturale ou urbanistique des Merina. La même attitude peut très certainement être étendue aux autres régions de Madagascar, mais je reste convaincu que la valorisation, par exemple du capital culturel zafimaniry ne sera jamais mieux assurée que par un Zafimaniry lui-même.
    Je me plais à croire que la Ville d'Antananarivo et les hameaux d'Imerina, sont aisément identifiables "sans commentaire" sur un atlas mondial. C'est la différence qui crée cette identité par ce qu'on .appelle communément "trano gasy" et dont l'évolution syncrétique, depuis la matrice de type "Besakana", est mise en séquences par J.P. Testa dans le croquis ci=contre. Le béton apparent, la modernité du verre et de l'acier, ne font pas partie de ce parti pris architectural car ces matériaux contribuent à banaliser Antananarivo en ville comme n'importe quelle autre du village planétaire. Les variations contemporaines sur le "trano gasy", comme affiche le "village" qui est en train de se constituer au Tana Water Front d'Ambodivona, prouvent que derrière une façade traditionnelle sont absolument possibles des aménagements modernes.
    Je suis tombé sous le charme inexplicable d'un village musée comme Ambatomanga. Je reste ému par la soudaine apparition d'une demeure patricienne dans la campagne de Soamanandray ou de Fieferana. Je me déteste de d'avoir pu rien faire pour la sauvegarde de la Maison de Rainimboay, aujourd'hui effondrée. La volonté politique indispensable à la sauvegarde ce patrimoine architectural suppose une philosophie, une certaine idée de la différence identitaire, dont on ne peut malheureusement que déplorer l'absence dans les administrations successives depuis 1960.

    par Nasolo Valiavo Andriamihaja www.lexpressmada.com du 05 juillet 2006

    Evolution syncrétique depuis Besakana jusqu'au "trano gasy"
    Une "trano bongo" dans les rizières
    Une étude réalisée en 1968 par Gerald Donque, maître assistant à l'Université de Madagascar, évoque les conditions de vie dans la Capitale.
    A l'époque, hormis les immeubles collectifs et autres cités, les maisons, villas et buildings modernes, très abondants dans le centre et certains quartiers d'affaires ou résidentiels, l'habitat traditionnel se voit un peu partout.
    Selon l'auteur, il relève de trois catégories de maisons.
    Il y a d'abord "l'habitat précaire des digues et des rizières". A quelques centimètres au-dessus de la nappe d'eau des rizières, sont construites les "trano bongo". Il s'agit de simples constructions de torchis aux parois faites de boue armée de roseaux. Leur toit, de "zozoro" (roseau) également, "engendre une abondante végétation adventice" en pourrissant sous la pluie. Dans une étroite et unique pièce, vivent cinq ou six personnes, voire plus, "dans les conditions d'insalubrité que l'on peut imaginer".
    Selon Gerald Donque, la "trano bongo", véritable taudis, caractérise la zone suburbaine d'Antananarivo, "son auréole en voie de déruralisation". Il est très répandu dans les vastes étendues rizicoles de l'ouest et du nord de la commune. "Ses habitants sont généralement des métayers riziculteurs vivant dans un état de dénuement total".
    Il y a ensuite la case malgache, faite de pisé, qui se rencontre surtout vers la périphérie de la ville, dans sa zone semi-rurale, mais aussi dans de nombreux quartiers proches de la capitale.
    "Fréquemment sur les digues, elle alterne avec le type précédent pour créer de longues rangées de maisons alignées au-dessus d'une eau croupissante".
    En général située au milieu d'une courette où sont élevées des volailles, elle est à simple rez-de-chaussée, avec des murs d'argile crépis de rouge, "vite lézardés et affaissés sous l'action des pluies", et couverte d'un toit de chaume, quelquefois de tôles. Elle n'a aussi qu'une pièce unique, la cuisine se fait dans la cour. L'électricité et l'eau courante sont des luxes inaccessibles pour des ménages toujours à nombreuse progéniture. "Femmes et enfants vont se ravitailler à la fontaine publique. La lessive ainsi que les soins élémentaires de toilette ont lieu, dans le meilleur des cas, dans une cuvette".
    Il y a enfin la maison traditionnelle de briques, "plus spécifiquement urbaine". La forme de ce genre de bâtiment découle d'une pratique défensive qui a consisté à se tenir à l'étage pendant la nuit pour se soustraire aux vols. "Pour mieux avantager sa position, on retirait l'échelle qui desservait le premier niveau. Ce fait explique le gabarit souvent étroit et haut de ce type de maison".
    Cette forme primitive évolue sous l'influence européenne. Elle s'agrémente d'une varangue, s'équipe sous la forme d'une construction à rez-de-chaussée et à étage, carrée ou rectangulaire, à toit de tuiles plates. "Le plan, conçu sur celui du cottage anglais, dispose de deux ou trois pièces au rez-de-chaussée et autant à l'étage". Sur la façade principale s'ouvre la varangue, soutenue par des piliers de bois ou de briques. Quelquefois, une cour ou un jardin entoure l'habitation et, souvent, la cuisine continue de se faire en plein air.
    La matière première de la construction de ce type de maison est tirée de la rizière. Celle-ci, louée par son propriétaire à un briquetier, fournit sous la couche d'alluvions la "tany manga", argile bleutée qui est moulée dans un cadre parallélépipédique, mouillée et saupoudrée de sable. Après démoulage, les briques sèchent quelques jours sur une aire sablée, puis elles sont empilées en un édifice quadrangulaire à l'intérieur duquel un espace est laissé libre pour servir de foyer. Le combustible utilisé est la tourbe, tirée elle aussi de la rizière. La cuisson dure 12 à 15 jours.


    La varangue aux multiples rôles
    Dans les quartiers à forte densité de population, la maison individuelle cède la place à la maison collective. Celle-ci est conçue de la même manière que la maison individuelle, mais de dimensions beaucoup plus grandes et comprenant souvent deux sinon trois étages.
    Ces grandes bâtisses aux murs rouges se voient surtout dans les quartiers populeux et pauvres d'Isotry, Manarintsoa, Andravoahangy... Le rez-de-chaussée est à usage d'habitation ou abrite un petit commerce, un atelier d'artisan. Une ou plusieurs varangues s'ouvrent sur la façade principale, généralement communes à plusieurs familles.
    Ces varangues jouent un grand rôle dans la vie des habitants de l'immeuble. On y fait la lessive et le linge y sèche. Les enfants s'y ébattent, y procèdent à leur toilette ou y font leurs devoirs scolaires. On y prépare et on y prend les repas. On y coud, on y repasse, on y range les matelas qui servent pendant la nuit.
    La cour, commune aux locataires, rend les même services que le balcon. C'est là que se trouvent aussi les fosses perdues.
    Ces immeubles surpeuplés disposent souvent de l'électricité, "sans qu'un branchement desserve toujours chaque pièce". La promiscuité, le bruit, le manque d'aération ou d'ensoleillement y rendent la vie difficile. "Néanmoins, leurs occupants déclarent apprécier le voisinage générateur d'entraide et de vie communautaire, ainsi que la promiscuité immédiate des petits commerces et des artisans du quartier".

    Pela Ravalitera  www.lexpressmada.com

    Les toits de Tana, témoins de l’histoire d’une cité 
    Quel témoin plus authentique de l’histoire d’Antananarivo que son évolution architecturale ? Cases en pisé de terre, villas cossues, temples et églises, buildings et cabanes de bois reflètent le chemin parcouru par la capitale. 
    Le paysage architectural de l’Imerina a certainement été marqué par l’influence occidentale. Les constructions en bois d’ambora, vandrika ou merana étaient d’abord assez courantes dans la capitale particulièrement pour les familles de la haute société. La population construisait des cases de terre et en toit de chaume. Ce n’est qu’en 1868, date à laquelle Ranavalona II accède au trône et abrogea l’interdiction d’utiliser la pierre dans les constructions de maisons que l’architecture prit un nouveau souffle. La pierre, la brique, le verre, et le fer forgé apportent ainsi un caractère plus ouvert aux maisons d’Antananarivo. 
    Les Britanniques et les Français ont apporté pas mal d’innovations dans le style architectural des maisons tananariviennes. Le style anglo-saxon, inspiré de l’époque victorienne, est sans doute à la base de la maison traditionnelle des maisons merina, tel que tout un chacun le conçoit actuellement. Les demeures comme la Villa Vanille d’Antanimena, la résidence Mampiherika d’Ambohijatovo en sont des exemples. On peut voir sur ces bâtiments toute l’influence britannique et créole, explique Roger Chapuis-Milard, architecte mauricien, qui a justement effectué des recherches sur le paysage architectural dans les anciennes colonies françaises et britanniques. 
    C’est d’ailleurs à un autre Mauricien, Louis Gros, architecte, dessinateur et charpentier que la capitale doit ses premières grandes transformations : les premières maisons à étages, la subdivision de la pièce principale en chambres, la toiture à plusieurs pans, les vérandas, les piliers. L’influence française fut apportée par Laborde mais aussi d’autres architectes tels que Jully, ou Rigaud. C’est à l’époque de la colonisation française que l’on voit apparaître des détails très complexes comme les frontons. Cette métamorphose s’est faite presque naturellement et s’est facilement intégrée dans certains quartiers comme Andohalo, Faravohitra, Ankadifotsy ou Isoraka 
    L’influence occidentale s’est fait aussi ressentir dans les édifices religieux, avec l’arrivée de missionnaires britanniques tels que Cameron à qui l’on doit le revêtement en pierre du palais de Manjakamiadana. Pour ma part, je pense que les bâtiments religieux ont été l’une des plus importantes parts d’héritage que les vazaha ont laissé en Imerina. C’est par leur intervention que la capitale malgache s’est habituée à certains détails d’architecture très minutieux que l’on peut voir dans les vieilles églises d’Antananarivo. 
    Sans altérer l’architecture traditionnelle de la maison des hautes terres, l’influence étrangère semble avoir valorisé le trano gasy . La croissance démographique galopante, la nécessité de mieux gérer l’espace ont fait apparaître des bâtiments plus fonctionnels. Les cités de Soavinandriana, des 67 ha ou d’Ampefiloha bâtis dans les années 60 et 70 mais aussi les bâtiments administratifs et ministériels que l’on peut voir à Anosy en sont des exemples. Mais il faut croire que la demeure traditionnelle malgache est en train de revenir au goût du jour, comme on peut le voir du côté de Tana Water Front, à Ambodivona. Même si pour l’instant et paradoxalement, ce sont surtout les étrangers qui préfèrent. 

    Mialy Randriamampianina  http://www.les-nouvelles.com/


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